didier-gomezCasablanca – Gauthier : Didier Gomez sublime l’Iloli

Après le Sofitel de Rabat et celui d’Essaouira, Didier Gomez nous propose sa dernière création, un restaurant de haute gastronomie japonaise au cœur de Casablanca. Ici, comme un cheminement autour de l’Iloli, Didier Gomez a su réinterpréter le Japon à travers une décoration tout en finesse, chaleureuse et intimiste. Rencontre avec cet architecte d’intérieur de renom.

Ce n’est pas votre premier projet au Maroc, êtes-vous tombé amoureux du pays ?                                                               Oui et cela fait très longtemps. La première fois que je suis venu au Maroc, ce fut un émerveillement de voir l’architecture, la lumière, les paysages, la gentillesse des gens. Je pense que je connais mieux le Maroc que la France. Ici, tout est magnifique, empreint de poésie, d’émotion, de mystère que ce soit dans les souks, dans les Palais. Je pourrais travailler toute l’année dans ce beau pays très riche d’inspiration.

Sièges sociaux, boutiques, restaurants, hôtels, l’approche créatrice est-elle différente selon les lieux ?

Oui et non. Ce qui compte avant tout c’est l’humain. Le lieu de travail par exemple m’intéresse beaucoup. Il faut le rendre agréable pour oublier qu’on y travaille. C’est beaucoup plus difficile que de réaliser un hôtel, même si c’est ce que je préfère créer avec les restaurants.

Plus spécifiquement, quelles sont les difficultés rencontrées pour l’aménagement de l’Iloli?

C’est surtout le volume. Il y avait plein de défauts architecturaux, avec un petit espace, des murs pas droits, des recoins. Plutôt que de retravailler l’architecture et rendre le lieu ennuyeux, j’ai composé avec ces défauts pour en faire des qualités. J’ai agencé des jeux de miroirs, joué avec les matériaux, les détails afin de donner une vraie personnalité au restaurant.

Quelles ont été vos inspirations ?

Lorsque je conçois un projet, j’ai une vision tout de suite de ce que sera le lieu, une idée très précise, comme une photo, un flash. C’est le cas pour l’Iloli même si j’ai beaucoup tenu compte de l’avis des propriétaires qui m’ont présenté des projets de restaurants japonais qu’ils aiment et d’autres qu’ils n’aimaient pas du tout. Il fallait à la fois plaire à une clientèle casablancaise tout en gardant un esprit japonisant et raconter une histoire.

A l’Iloli, il y a bien sûr le vecteur de l’excellente cuisine mais aussi celui de la décoration qui est d’une sophistication extrême tout en restant très simple, moderne et contemporaine sans être design. Je n’aime pas trop les restaurants designs, je préfère les choses plus subtiles pour donner l’envie aux gens d’y revenir. Il ne faut pas que ce soit juste un effet, il faut que les clients découvrent petit à petit l’endroit, qu’ils se sentent valorisés dans un écrin raffiné. Pour qu’un lieu soit agréable, il faut savoir maîtriser sa création, rajouter du confort et de l’intime.

Quel style de décoration avez-vous adopté?

J’ai beaucoup utilisé les miroirs face-à-face pour donner une image d’infini. Ils sont teintés bronze et corail pour démultiplier la lumière, les reflets, les vues, tout en restant discrets. J’ai voulu concevoir un espace de transition entre l’extérieur et l’intérieur, donner une impression de flottement, de liberté avec beaucoup d’ouvertures sur la terrasse en bois et sa végétation de bambous. J’ai beaucoup utilisé les tasseaux de bois, pour la façade, les meubles, les chaises, comme la base d’un mikado. Le bois utilisé est du frêne teinté qui ressemble beaucoup au bois qu’on trouve au Japon. Pour le comptoir, j’ai apporté une touche rouge corail. Pour la mezzanine, les murs sont patinés couleur nickel avec des motifs carrés, un peu comme les tissus de certains kimonos. J’ai aimé mélanger le bois, l’ardoise, la pierre grise. Dessins originaux des tables et des luminaires, piètements travaillés, discrétion de l’escalier, matériaux, couleurs, c’est la somme de tous ces détails qui mis bout à bout font le charme de l’établissement. Pour la cuisine ouverte, qui est le cœur de tout, nous avons travaillé le noir aux murs et sur l’îlot central, et tenu compte de la place nécessaire des éléments de cuisine dont ont besoin les chefs pour œuvrer. La cuisine ouverte est un vrai plus pour le restaurant. Voir travailler le chef est une merveille !

Quels sont vos projets ?

Je travaille actuellement sur la décoration de la maison de Steven Spielberg à Los Angeles et sur l’architecture de la villa du Président de L’Oréal. Je vais réaliser deux grands palaces à Paris, le Plazza à New York, le Kempinski de Moscou. Je travaille également sur des projets à Varsovie, Singapour, …

L’Iloli : 33, rue Najib Mahfoud – Gauthier - Casablanca

Tous nos remerciements aux propriétaires : Noëlle Bouayad-Furukawa et Yusuke Furakawa (chef exécutif) pour leur accueil chaleureux.

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